
mercredi 14 mars 2012
dimanche 1 janvier 2012
samedi 24 décembre 2011
L’aspiration et la grâce (article en plusieurs parties - partie 1)
Mais la grâce suprême n’agira que dans les conditions de la lumière et de la vérité : elle n’agira pas dans les conditions imposées par le mensonge et l’ignorance. Car si elle devait se soumettre aux exigences du mensonge, ce serait la ruine de ses propres desseins.
Voici les conditions de lumière et de vérité, les seules conditions sous lesquelles la Force la plus haute descendra ; et c’est seulement la plus haute Force supramentale descendant d’en haut et s’ouvrant le passage d’en bas qui pourra manier victorieusement la nature physique et annihiler ses difficultés… Il faut un don de soi total et sincère, une ouverture de soi tournée exclusivement vers le Pouvoir divin, une admission constante et intégrale de la Vérité qui descend, un constant et intégral rejet du mensonge, des pouvoirs et des apparences du mental, du vital et du physique qui gouvernent encore la nature terrestre.
Le don de soi doit être total et s’étendre à toutes les parties de l’être. Ce n’est pas suffisant que le psychique réponde, que le mental supérieur accepte, ou même que le vital inférieur se soumette et que la conscience physique intérieure sente l’influence. Il ne doit rien y avoir, dans aucune partie de l’être, même la plus extérieure, qui se réserve ou qui se cache derrière des doutes, des confusions, des subterfuges, rien qui se révolte ou se refuse.
Si une partie de l’être se soumet, mais qu’une autre partie se réserve et suive son propre chemin ou pose ses propres conditions, alors chaque fois que cela se produit, vous repoussez vous-même la Grâce divine loin de vous.
Si derrière votre dévotion et votre soumission, vous abritez vos désirs, vos exigences égoïstes et vos insistances vitales, si vous mettez ces choses à la place de l'aspiration vraie ou que vous les mêliez avec elle et que vous vous efforciez de les imposer à la Shakti divine, c'est en vain que vous invoquerez la Grâce divine pour vous transformer.
Un extrait de « La Mère », dans « De la Grèce à l’Inde »
En illustration, un pastel de Mudita
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Yoga pratique
vendredi 16 décembre 2011
lundi 5 décembre 2011
dimanche 20 novembre 2011
samedi 29 octobre 2011
La folle beauté du monde
La folle beauté du monde reflète le plaisir de Dieu.
Le sourire de cet enchantement est partout secret ;
Il coule à flots dans le souffle du vent, la sève de l'arbre,
Sa magnificence colorée s'épanouit dans les feuilles et les fleurs.
Le sourire de cet enchantement est partout secret ;
Il coule à flots dans le souffle du vent, la sève de l'arbre,
Sa magnificence colorée s'épanouit dans les feuilles et les fleurs.
Poème de Sri Aurobindo
Illustration : Maulnes en automne, photo de Mudita.
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Poésie
dimanche 18 septembre 2011
Foi et Shakti (Article en plusieurs parties - partie n°6 -fin)
La foi que l'on demande de nous, non seulement dans son principe général mais dans son application constante et détaillée, équivaut à un vaste assentiment, toujours plus grand, toujours plus pur, plus complet, plus fort, de l'être tout entier et de toutes ses parties à la présence et à la direction de Dieu et de la Shakti. Mais la foi en la Shakti, tant que nous ne sommes pas conscients de sa présence et remplis par elle, doit nécessairement être précédée, ou du moins accompagnée, d'une solide foi virile en notre propre volonté et en notre propre énergie spirituelle, en notre propre pouvoir d'avancer victorieusement vers l'unité, vers la liberté et la perfection. La foi de l'homme en lui-même, en ses idées, ses pouvoirs, lui est donnée afin qu'il puisse oeuvrer et créer, s'élever à des hauteurs plus grandes, et finalement, au bout du chemin, apporter sa force comme une noble offrande sur l'autel de l'Esprit. Cet esprit ne sera pas conquis par le faible, dit l'Écriture, nâyam âtrnâ balahînéna labhyah. Chaque manque de confiance en soi paralysant doit être repoussé, chaque doute en notre pouvoir d'accomplir, car c'est un faux acquiescement à l'impuissance, c'est une imagination de faiblesse et une négation de la toute-puissance de l'esprit. Une incapacité actuelle, si lourde semble son poids, est seulement une épreuve de la foi et une difficulté temporaire.
Céder à un sentiment d'incapacité est un non-sens pour le chercheur du yoga intégral, puisque son but est le développement d'une perfection qui est déjà là, latente en son être - car l'homme porte en lui-même, dans son propre esprit, la semence de la vie divine, et, par conséquent, la possibilité de succès est contenue et impliquée dans l'effort même, et la victoire assurée parce que, derrière, se trouvent l'appel et la direction d'un pouvoir omnipotent.
Mais en même temps, cette foi en nous-mêmes doit être purifiée de toute trace d'égoïsme râdjasique et de tout orgueil spirituel. Le sâdhak doit se rappeler, autant que possible, que sa force n'est pas la sienne au sens égoïste, mais celle de la Shakti divine universelle, et que tout égoïsme dans l'usage qu'il fait de la Shakti est nécessairement une cause de limitation et finalement un obstacle. Le pouvoir de la Shakti divine universelle derrière notre aspiration est illimité, et, si nous y faisons appel comme il faut, il ne peut manquer de se déverser en nous et de faire disparaître toute incapacité et tout obstacle, tôt ou tard ; car, bien que le temps et la durée de nos luttes dépendent au début (comme un instrument et partiellement) de la force de notre foi et de notre effort, ils sont pourtant, en fin de compte, entre les mains de la sage détermination de l'Esprit secret qui seul est le Maître du yoga : l'Îshwara.
La foi en la Shakti divine doit être toujours l'appui secret de notre force, et quand Elle se manifeste, cette foi doit être sans réserve et devenir complète. Rien ne lui est impossible, car Elle est le Pouvoir conscient, la Divinité universelle qui crée toute chose de toute éternité : Elle est armée de l'omnipotence de l'Esprit. Toute connaissance, toute force, tous les triomphes et les victoires, toutes les habiletés et les oeuvres sont entre ses mains, et ses mains sont pleines des trésors de l'Esprit, emplies de toutes les perfections, toutes les siddhi. Elle est Mahéshwarî, la déesse de la connaissance suprême, et Elle nous apporte sa vision de toutes les sortes de vérité, les immensités de la vérité, la rectitude de sa volonté spirituelle, le calme et la passion de son ampleur supramentale, la félicité de son illumination ; Elle est Mahâkâlî, la déesse de la force suprême : avec Elle, se trouvent toutes les puissances, toutes les vigueurs spirituelles, les austérités des plus sévères tapas et la rapidité dans la bataille, la victoire et le rire (attahâsya) qui se fait un jeu de la défaite, de 1a mort et des pouvoirs de l'ignorance ; Elle est Mahâlakshmî, la déesse de l'amour et de la félicité suprêmes : ses dons sont la grâce de l'esprit, le charme et la beauté de l'Ananda, la protection et toutes les bénédictions divines et humaines ; Elle est Mahâsaraswatî, la déesse de l'habileté divine et des oeuvres de l'Esprit : avec Elle, est le yoga qui est l'habileté dans les oeuvres, yogah karmasou kaushalam, les utilités pratiques de la connaissance divine, l'application de l'esprit à la vie et le bonheur des harmonies spirituelles. Et en chacun de ses pouvoirs, chacune de ses formes, Elle recèle le sens suprême des maîtrises de l'Ishwarî éternelle, l'aptitude rapide et divine aux activités de toutes sortes que l'instrument peut être appelé à entreprendre, l'unité, la sympathie qui partage, la libre identité avec toutes les énergies dans tous les êtres et, par suite, l'harmonie spontanée, fructueuse, avec la volonté divine dans l'univers. Le sentiment intime de sa présence et de ses pouvoirs, l'heureux acquiescement de tout l'être à ses oeuvres en nous et autour de nous, telle est l'ultime perfection de la foi en la Shakti.
Mais, derrière Elle, se trouve l'Îshwara ; or, la foi en l'Îshwara est l'élément le plus central de la shraddhâ du yoga intégral. Nous devons avoir cette foi (une foi qu'il faut pousser à la perfection) que toutes choses sont l'oeuvre d'une connaissance et d'une sagesse suprêmes dans les conditions de l'univers, que rien de ce qui se fait en nous ou autour de nous n'est en vain et sans sa place assignée ou son sens juste, que tout est possible quand l'Îshwara, notre Moi et Esprit suprême, entreprend l'action, et que tout ce qui a été fait avant et tout ce qu'il fera dans l'avenir faisait partie et fera partie de sa direction prévoyante, infaillible, et visait à la fructification de notre yoga, de notre perfection et du travail de notre vie.
Plus la connaissance supérieure s'ouvrira, plus cette foi se trouvera justifiée ; nous commencerons à voir les grandes et petites significations qui avaient échappé à notre mentalité limitée : la foi se changera en connaissance. Alors, sans aucun doute possible, nous verrons que tout ce qui arrive fait partie de l'oeuvre de l'unique volonté, et que cette volonté était aussi une sagesse, car elle façonne sans cesse la marche exacte du moi et de la nature dans la vie. L'état suprême de l'acquiescement, la shraddhâ de l'être sera parfaite, quand nous sentirons la présence de l'Îshwara, percevrons que toute notre existence, toute notre conscience, notre pensée, notre volonté, notre action, sont entre ses mains et qu'en toutes choses nous consentirons avec toutes les parties de notre être et de notre nature à la volonté directe et immanente de l'Esprit qui nous habite. Cette perfection suprême de la shraddhâ sera aussi la porte d'entrée et le fondement parfait de l'énergie divine : quand la shraddhâ sera complète, elle sera la base de la croissance, de la manifestation et des oeuvres de la lumineuse Shakti supramentale.
Un extrait de La Synthèse des Yogas - Volume 3 : le Yoga de la Perfection de soi
En illustration : pastel à l'huile et encre sur papier, de Mudita
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