vendredi 24 janvier 2014

Les bases de la Sâdhanâ - le Mental (article en plusieurs parties- partie 4)




Il n’est pas indésirable pour le mental de devenir silencieux, d’être libre de toute pensée et immobile, car c’est le plus souvent quand le mental tombe dans le silence que se produisent la complète descente d’une vaste paix venant d’en haut et, dans cette vaste tranquillité, la réalisation du Moi silencieux au-dessus du mental, partout déployé dans son immensité.

Seulement dès qu’il y a paix et silence mental, le vital du mental essaie de se précipiter pour occuper la place, ou bien le mental mécanique essaie, dans le même but, de soulever sa ronde de pensées habituelles et triviales. 

Le sâdhâk doit avoir soin de rejeter et de faire taire ces intrus afin que, au moins pendant la méditation, la paix et la quiétude du mental et du vital soient complètes. Le meilleur moyen d’y parvenir est de garder une volonté forte et silencieuse. Cette volonté est celle du Pourousha derrière le mental. Quand le mental est en paix, quand il est silencieux, on peut devenir conscient du Pourousha, lui aussi silencieux et séparé de l’action de la nature.

Etre calme, stable, établi en l’esprit, dhîra, sthira, avoir cette quiétude du mental, cette séparation du Pourousha intérieur de la Prakriti extérieure est très utile, presque indispensable. On ne peut être calme et fixé en l’esprit tant que l’être est soumis au tourbillon des pensées ou au tumulte des mouvements vitaux. S’en détacher, se tenir en arrière, les sentir séparés de soi est indispensable.

Pour découvrir l’individualité vraie et l’installer dans la nature, deux choses sont nécessaires : d’abord, la conscience de son propre être psychique derrière le cœur, et ensuite cette séparation du Pourousha et de la Prakriti

Car le véritable individu est derrière, voilé par les activités de la nature extérieure.

 Extraits de Lettres sur le Yoga - Tome 3.

mercredi 15 janvier 2014

Les bases de la Sâdhanâ - le Mental (article en plusieurs parties- partie 3)




La différence entre un mental vide et un mental calme est celle-ci : lorsque le mental est vide, il n’y a pas de pensées, pas de conception, pas d’action mentale d’aucune sorte, sauf une perception essentielles des choses sans formations d’idées.

Tandis que dans le mental calme, c’est la substance de l’être mental qui est immobile, si immobile que rien ne la trouble. 

Si des pensées ou des activités se produisent, elles ne s’élèvent pas du tout du mental, elles viennent du dehors et traversent le mental comme un vol d’oiseaux traverse le ciel dans l’air immobile. Ils passent, ne troublent rien, ne laissent pas de trace. Même si un millier d’images ou les évènements les plus violents traversent le mental, son immobilité paisible demeure, comme si la texture même du mental était faite d’une substance de paix éternelle et indestructible.

Un mental qui a acquis ce calme peut commencer à agir, même intensément et puissamment, mais il conservera son immobilité fondamentale, ne produisant rien de lui-même mais donnant une forme mentale à ce qu’il perçoit d’en haut, sans rien y ajouter du sien, avec calme et impartialité, et pourtant dans la joie de la Vérité et dans la puissance et la lumière heureuses de la transmission.

 Extraits de Lettres sur le Yoga - Tome 3.

mercredi 1 janvier 2014