vendredi 30 novembre 2012

Les relations humaines dans le yoga (article en plusieurs parties - partie 2)

Les relations qui, dans la vie humaine, font partie de la nature vitale ordinaire, sont sans valeur dans la vie spirituelle. Elles font plutôt obstacle au progrès, car le mental et le vital devraient eux aussi se tourner tout entiers vers le Divin. En outre, l’objectif de la sâdhanâ est de pénétrer dans une conscience spirituelle et de tout fonder sur une base spirituelle nouvelle, ce qui ne peut se faire que lorsque l’on est parvenu à une union complète avec le Divin. En attendant, il faut avoir pour tous une bienveillance tranquille. Les relations vitales ne sont pas une aide, car elles maintiennent la conscience en bas, à un niveau vital, et l’empêchent de s’élever à un niveau supérieur…

Ce n’est pas à cause de votre nature ou d’un destin néfaste que votre vital ne peut trouver dans les relations humaines avec les autres la satisfaction qu’il en attendait. Ces relations ne peuvent jamais donner une satisfaction complète ou permanente ; si c’était possible, l’être humain n’aurait pas aucune raison de chercher le Divin. Il demeurerait satisfait de la vie terrestre ordinaire. C’est seulement lorsqu’on a trouvé le Divin, lorsque la conscience s’élève à la vraie conscience, que les vraies relations avec les autres peuvent s’établir…

Le mouvement du vital supérieur est plus raffiné et plus vaste dans son action que celui du vital ordinaire. Il met l’accent sur l’émotion plutôt que sur la sensation et le désir, mais il n’est pas dénué d’exigence et de désir de possession…

Il est facile de répondre à votre question sur l’âme complémentaire et le mariage : la voie de la vie spirituelle va, pour vous, dans une direction, le mariage dans une autre, qui lui est tout à fait opposée. Toute référence à une âme complémentaire est un camouflage sous lequel le mental cherche à dissimuler les besoins sentimentaux, sensuels et physiques de la nature vitale inférieure. C’est cette nature vitale en vous qui pose la question et aimerait recevoir une réponse qui réconcilierait ses désirs et ses exigences avec l’appel de l’âme vraie en vous. Mais elle ne doit pas s’attendre à nous voir approuver la réconciliation d’éléments aussi disparates.

La voie du yoga supramental est claire : elle ne passe pas par de telles concessions. Pas, dans votre cas, par la satisfaction, si possible sous couvert d’apparences spirituelles, de l’appétit de la nature vitale pour les conforts et les agréments d’une vie domestique et conjugale et pour l’assouvissement des désirs émotifs et des passions physiques ordinaires, mais par la purification et la transformation des forces que ces mouvements pervertissent et utilisent à contresens...

Extraits de Lettres sur le Yoga, tome 4

En illustration : Collage (détail) de Mudita