vendredi 19 décembre 2014

Les Pouvoirs Divins et les Pouvoirs hostiles - Article en plusieurs parties - Partie 4 : Les Forces Hostiles



Les forces hostiles existent et étaient connues de l'expérience yoguique dès l'époque des Véda et de Zoroastre en Asie (et aussi des mystères d'Égypte et de la Cabale), ainsi qu'en Europe depuis l'antiquité.

Ces forces, évidemment, ne peuvent être senties ni connues tant que l'on vit dans le mental ordinaire, ses idées et ses perceptions ; car là, on reconnaît seulement deux catégories d'influences : les idées, sentiments, actions de soi-même et des autres, et l'action de l'environnement et des forces physiques.

Mais dès que l'on commence à acquérir la vision intérieure des choses, c'est différent. On commence à avoir l'expérience du fait que tout est une action de forces : forces de Prakriti, psychologiques autant que physiques, qui agissent sur notre nature - et ces forces sont conscientes, ou soutenues à l'arrière-plan par une ou des consciences. On se trouve au milieu d'un vaste fonctionnement universel et il n'est plus possible de tout expliquer comme un résultat de sa propre personnalité, seule et indépendante.

Vous avez vous-même écrit, à un certain moment, que vos crises de désespoir, etc., vous venaient comme si elles étaient jetées sur vous, et suivaient leur cours jusqu'au bout sans que vous soyez capable de les infléchir ou d'y mettre fin. Cela indique une action des forces universelles et pas seulement une action indépendante menée par votre propre personnalité, bien que ces forces utilisent quelque chose qui fait partie de votre nature. Mais vous n'êtes pas conscient - et les autres non plus - de la source de cette intervention et de cette pression, pour la raison que j'ai indiquée. Ceux qui ont développé la vision intérieure des choses sur le plan vital connaissent bien les forces hostiles.

On peut avoir des expériences sur le plan mental sans que vienne cette connaissance ; car sur ce plan l'intellect et l'idée prédominent, et on ne sent pas le jeu des Forces. C'est seulement dans le vital qu'il devient clair. Sur le plan mental, elles se manifestent le plus souvent comme des suggestions mentales et non comme des Pouvoirs concrets. En outre, si l'on regarde les choses avec le mental seul (même si c'est le mental intérieur), on peut voir le jeu subtil des forces de la Nature, mais sans reconnaître l'intention consciente que nous qualifions d'hostile.

Extraits de Lettres sur le Yoga

jeudi 20 novembre 2014

Les Pouvoirs Divins et les Pouvoirs hostiles - Article en plusieurs parties - Partie 3 : Les Emmanations



Les Émanations correspondent aux Mâtrikâs. 

Une émanation de la Mère est quelque chose de sa conscience et de son pouvoir, puisé en elle et mis en avant, et qui, aussi longtemps que dure son action, est maintenu en contact étroit avec elle et, lorsque son action n'a plus de raison d'être, se trouve réabsorbé en sa source, mais peut toujours être à nouveau exprimé et mis en action. 

Toutefois, le fil qui maintient la liaison peut également être tranché ou relâché, et ce qui est venu en avant comme émanation poursuivre alors son chemin comme être divin autonome nanti d'un rôle personnel dans le monde. 

Tous les dieux peuvent ainsi extérioriser de telles émanations, qui leur sont essentiellement identiques en conscience et en pouvoir, bien qu'à un moindre degré. D'une certaine manière, on peut dire de l'univers qu'il est lui-même une émanation du Suprême. Dans la conscience du sâdhak, une émanation de la Mère revêtira généralement l'apparence, la forme et les traits caractéristiques auxquels il est accoutumé.

Du fait de leur origine, on peut dire qu'en un sens, les quatre Pouvoirs de la Mère sont ses émanations, tout comme on peut dire que les dieux sont des émanations du Divin. Mais les quatre Pouvoirs de la Mère présentent un caractère plus établi et permanent : ce sont à la fois des êtres indépendants dont le jeu est autorisé par l'Âdyâ Shakti et des portions de la Mère, la Mahâshakti, qui peut toujours ou bien se manifester par leur intermédiaire sous forme d'êtres séparés ou bien les rassembler comme ses propres Personnalités variées et les conserver au-dedans d'elle-même, tantôt à l'arrière-plan et tantôt en action, selon sa volonté. 

Sur le plan supramental, ils demeurent en elle et n'agissent pas de manière autonome, mais comme d'intimes portions de la Mahâshakti supramentale et en étroite union et harmonie les uns avec les autres.

Extraits de Lettres sur le Yoga

vendredi 17 octobre 2014

Les Pouvoirs Divins et les Pouvoirs hostiles - Article en plusieurs parties - Partie 2 : Pouvoirs, Apparences et Personnalités




Pouvoirs et Apparences

Ce sont les forces et les êtres qui ont intérêt à maintenir les mensonges qu'ils ont créés dans le monde de l'Ignorance et à les faire passer pour la Vérité que les hommes doivent suivre. 

En Inde, on les appelle asoura, râkshasa, pishâtcha (êtres qui appartiennent respectivement au plan vital mentalisé, au plan vital intermédiaire et au plan vital inférieur). 

Ils s'opposent aux dieux, aux Pouvoirs de la Lumière. Eux aussi ont des pouvoirs, car eux aussi ont un champ cosmique où ils exercent leurs fonctions et leur autorité. 

Certains furent jadis des pouvoirs divins (les anciens dieux, pūrve devā, comme on les appelle quelque part dans le Mahâbhârata) qui sont tombés vers les ténèbres par révolte contre la Volonté divine qui est derrière le cosmos. 

Le mot "apparences" se rapporte aux formes qu'ils prennent afin de gouverner le monde. Formes souvent fausses, incarnant toujours le mensonge et parfois pseudo-divines.

Pouvoirs et Personnalités

L'emploi du mot Pouvoir peut s'appliquer à tout ce qui, être ou chose, exerce un pouvoir conscient dans le domaine cosmique et a autorité sur le mouvement universel ou tel mouvement qui en fait partie. Mais les Quatre (aspects de la Mère Divine : Maheshwarî, Mahâkâlî, Mahâlakshmî, Mahâsaraswatî) dont vous parlez sont également des Shakti, les manifestations de différents pouvoirs de la Conscience et de la Force suprême, de la Mère divine, grâce auxquelles elle gouverne l'univers ou y agit.

Ce sont en même temps des personnalités divines : chacune, en effet, est un être qui manifeste différentes qualités et formes-de-conscience personnelles de la Divinité. En ce sens, tous les dieux supérieurs sont des personnalités du Divin - Conscience unique jouant en de multiples personnalités, ekam sat bahudhā. Même chez l'être humain, contrairement à ce que l'on imaginait autrefois, il existe non pas une, mais de nombreuses personnalités. Car toute conscience peut être à la fois une et multiple.

« Pouvoirs et Personnalités » ne font que décrire différents aspects du même être. Un Pouvoir n'est pas nécessairement impersonnel et certainement pas avyaktam, comme vous le suggérez - c'est au contraire une manifestation œuvrant dans les mondes de la Manifestation divine.

Extraits de Lettres sur le Yoga

dimanche 21 septembre 2014

Les Pouvoirs Divins et les Pouvoirs hostiles - Article en plusieurs parties - Partie 1 : Mensonge et Ignorance


Ignorance signifie Avidyâ, la conscience séparative ainsi que le mental et la vie égoïstes qui en découlent et tout ce qui est inhérent à la conscience séparative, au mental et à la vie égoïstes.

Cette Ignorance résulte d'un mouvement par lequel l'Intelligence cosmique s'est séparée de la lumière du Supramental (la Gnose divine) et a perdu la Vérité - vérité d'être, vérité de conscience divine, vérité de force et d'action, vérité d'Ânanda


En conséquence, au lieu d'un monde de vérité intégrale et de divine harmonie créé en la lumière de la Gnose divine, nous avons un monde fondé sur les vérités partielles d'une Intelligence cosmique inférieure où tout est mi-vérité, mi-erreur.

C'est cela que certains penseurs d'autrefois, tel Shankara, faute de percevoir la plus grande Force-de-Vérité derrière, ont stigmatisé comme Maya et qu'ils ont pris pour le plus haut pouvoir créateur du Divin. Tout, dans la conscience de cette création, est soit limité, soit perverti par la séparation d'avec la Lumière intégrale; même la Vérité qu'elle perçoit n'est qu'une demi-connaissance. C'est pourquoi elle est appelée Ignorance.

Le Mensonge, lui, n'est pas cette Avidyâ, mais en est un résultat extrême. Il est créé par un pouvoir asourique qui intervient dans cette création et est non seulement séparé de la Vérité et dès lors limité en sa connaissance et ouvert à l'erreur, mais révolté contre la Vérité ou accoutumé à ne saisir la Vérité que pour la pervertir. Ce pouvoir, l'obscure Shakti asourique, la Maya râkshasique, fait passer sa propre conscience pervertie pour connaissance vraie et ses déformations et ses inversions délibérées de la Vérité pour la vraie vérité des choses.

Ce sont les pouvoirs et les personnalités de cette conscience pervertie et pervertissante que nous appelons êtres hostiles, forces hostiles. Chaque fois que ces perversions qu'ils tirent de la substance de l'Ignorance sont présentées comme la Vérité des choses, alors existe le Mensonge au sens yoguique, mithyā, moha.

Extrait de Lettres sur le Yoga

vendredi 15 août 2014

vendredi 6 juin 2014

Lève tes yeux


Lève tes yeux vers le Soleil.

Il est là, au cœur merveilleux de la vie, de la lumière, de la splendeur.

Contemple les innombrables constellations scintillant dans la nuit tels des feux solennels de l’Eternel veillant dans le silence illimité qui n’est point vide, mais palpite, vibre de la présence d’une unique existence, calme et formidable.

Vois Orion muni de son épée, de sa ceinture, brillant comme au temps de nos Pères, il y a dix mille ans, à l’aube de l’age aryen. Vois Sirius dans toute sa splendeur, la Lyre voguant à des milliards de lieues dans l’océan de l’espace. Souviens-toi que ces mondes innombrables, qui, pour la plupart, dépassent le nôtre en puissance, tourbillonnent à une vitesse indescriptible au grès de l’Ancien des jours, pour aller où ? Lui seul le sait.

Et sache qu’ils sont pourtant un million de fois plus anciens que nos Himalayas, plus solides que les assises des montagnes, et le demeureront jusqu’à ce qu’Il choisisse de les arracher, comme feuilles mortes, de l’arbre éternel de l’Univers.

Imagine l’éternité du Temps, réalise l’infinitude de l’Espace, et souviens-toi que lorsque ces mondes n’étaient pas, Il était, le Même qu’aujourd’hui, et quand ils ne seront plus, Lui, sera toujours le Même.

Perçois sa Présence au-delà de la Lyre - car il est là, et aux confins de l’espace, où l’on ne distingue plus les étoiles de la Croix du Sud, Il est encore là.

Et puis reviens vers la Terre et réalise ce qu’il est. Il est proche de toi. Vois ce vieillard rabougri qui passe près de toi, courbé sur son bâton. Réalises-tu que c’est Dieu qui passe ? Et là, regarde un enfant qui court en riant dans la lumière du soleil. Peux-tu L’entendre rire ? En vérité, Il est plus proche encore. Il est en toi, Il est toi. C’est toi-même qui brûles là-bas, à des millions de lieues dans les étendues infinies de l’Espace, toi qui marches à pas assurés sur les vagues fracassantes de la mer éthérée. C’est toi qui as disposé chaque étoile à sa place et tressé le collier des soleils, pas avec tes mains, mais par ce Yoga, par cette Volonté silencieuse, immobile, impersonnelle.

Lève la tête, O enfant du Yoga ancestral, et cesse de trembler, de douter. Ne crains rien, ne doute pas, ne t’afflige point. Car sous ce corps apparent est l’Un qui d’un souffle peut créer et détruire les mondes.

Extrait de Les Oupanishads

samedi 29 mars 2014

Darshan - 29 Mars 1914


La célébration du centenaire de la première rencontre de La Mère avec Sri Aurobindo le 29 mars 1914, à Pondichéry, alors territoire Français...

samedi 8 mars 2014

Tranquillité, calme, paix, silence




La tranquillité est un état dans lequel il n’y a ni agitation ni trouble.

Le calme est un état de tranquillité et inébranlable qu’aucun trouble ne peut affecter ; c’est un état moins négatif que la tranquillité.

La paix est un état encore plus positif ; elle porte en soi le sens d’une délivrance et d’un repos stables et harmonieux.

Le silence est un état où il ne se produit pas de mouvements du mental ni du vital, ou dans lequel règne une grande immobilité qu’aucun mouvement de surface ne peut percer ni altérer.

 Extraits de Lettres sur le Yoga - Tome 3.

vendredi 21 février 2014

vendredi 24 janvier 2014

Les bases de la Sâdhanâ - le Mental (article en plusieurs parties- partie 4)




Il n’est pas indésirable pour le mental de devenir silencieux, d’être libre de toute pensée et immobile, car c’est le plus souvent quand le mental tombe dans le silence que se produisent la complète descente d’une vaste paix venant d’en haut et, dans cette vaste tranquillité, la réalisation du Moi silencieux au-dessus du mental, partout déployé dans son immensité.

Seulement dès qu’il y a paix et silence mental, le vital du mental essaie de se précipiter pour occuper la place, ou bien le mental mécanique essaie, dans le même but, de soulever sa ronde de pensées habituelles et triviales. 

Le sâdhâk doit avoir soin de rejeter et de faire taire ces intrus afin que, au moins pendant la méditation, la paix et la quiétude du mental et du vital soient complètes. Le meilleur moyen d’y parvenir est de garder une volonté forte et silencieuse. Cette volonté est celle du Pourousha derrière le mental. Quand le mental est en paix, quand il est silencieux, on peut devenir conscient du Pourousha, lui aussi silencieux et séparé de l’action de la nature.

Etre calme, stable, établi en l’esprit, dhîra, sthira, avoir cette quiétude du mental, cette séparation du Pourousha intérieur de la Prakriti extérieure est très utile, presque indispensable. On ne peut être calme et fixé en l’esprit tant que l’être est soumis au tourbillon des pensées ou au tumulte des mouvements vitaux. S’en détacher, se tenir en arrière, les sentir séparés de soi est indispensable.

Pour découvrir l’individualité vraie et l’installer dans la nature, deux choses sont nécessaires : d’abord, la conscience de son propre être psychique derrière le cœur, et ensuite cette séparation du Pourousha et de la Prakriti

Car le véritable individu est derrière, voilé par les activités de la nature extérieure.

 Extraits de Lettres sur le Yoga - Tome 3.

mercredi 15 janvier 2014

Les bases de la Sâdhanâ - le Mental (article en plusieurs parties- partie 3)




La différence entre un mental vide et un mental calme est celle-ci : lorsque le mental est vide, il n’y a pas de pensées, pas de conception, pas d’action mentale d’aucune sorte, sauf une perception essentielles des choses sans formations d’idées.

Tandis que dans le mental calme, c’est la substance de l’être mental qui est immobile, si immobile que rien ne la trouble. 

Si des pensées ou des activités se produisent, elles ne s’élèvent pas du tout du mental, elles viennent du dehors et traversent le mental comme un vol d’oiseaux traverse le ciel dans l’air immobile. Ils passent, ne troublent rien, ne laissent pas de trace. Même si un millier d’images ou les évènements les plus violents traversent le mental, son immobilité paisible demeure, comme si la texture même du mental était faite d’une substance de paix éternelle et indestructible.

Un mental qui a acquis ce calme peut commencer à agir, même intensément et puissamment, mais il conservera son immobilité fondamentale, ne produisant rien de lui-même mais donnant une forme mentale à ce qu’il perçoit d’en haut, sans rien y ajouter du sien, avec calme et impartialité, et pourtant dans la joie de la Vérité et dans la puissance et la lumière heureuses de la transmission.

 Extraits de Lettres sur le Yoga - Tome 3.

mercredi 1 janvier 2014