jeudi 13 décembre 2012

La nature de l'Art

It is because Art reveals what Nature hides that a small picture is worth more than all the jewels of the millionaires and the treasures of the princes... Sri Aurobindo

En illustration : dessin / mine graphite, pierre noire et rehaut de blanc, sur papier coloré au café / création de Mudita.

mercredi 12 décembre 2012

Les relations humaines dans le yoga (article en plusieurs parties - partie 3/fin)


L’idée d’aider les autres est un fantasme de l’ego. C’est une forme subtile de l’ego. Seule la Force divine peut aider. On peut être son instrument, mais il faudrait d’abord apprendre à être un instrument approprié et sans ego.

Tout changement doit venir de l’intérieur avec le soutien perçu ou caché du Pouvoir divin. Ce n’est qu’en s’ouvrant soi-même à ce Pouvoir que l’on peut recevoir une aide, et non par un contact mental, vital ou physique avec d’autres personnes.

Une aide radicale ne peut venir que du dedans, par l’action de la Force divine et l’assentiment de l’être. Il faut bien dire que ceux qui croient aider n’apportent pas tous une aide réelle, et aussi que lorsque l’aide s’accompagne de l’exercice d’une « influence », celle-ci peut être d’un caractère complexe et nuire autant qu’aider si l’instrument n’est pas pur.

Il en est toujours ainsi dans la nature humaine : les hommes veulent s’aider les une les autres, mais ils ont un mobile caché ou un sentiment dont l’origine est l’ego. Ce n’est que lorsqu’on vit dans une conscience plus haute qu’il en est autrement.

L’inconvénient, lorsqu’on aide les autres, c’est bien entendu que l’on entre en contact avec leur conscience et leurs difficultés, et aussi que l’on s’extériorise davantage.

Par la sympathie, vous entrez en contact avec ce qui est en l’autre et le recevez. Vous pouvez également donner ou laisser sortir une partie de votre force qui va vers l’autre, ou encore vous la laisser soustraire. C’est la sympathie vitale qui produit cet effet. Une calme bienveillance spirituelle ou psychique n’entraîne pas ces réactions.

C’est dangereux de sympathiser avec quelqu’un qui est tombé dans l’erreur, parce qu’ainsi vous entrez en contact avec la Force adverse qui l’a bouleversé et aussitôt cette Force essaie de vous atteindre, de vous communiquer ses suggestions et de vous corrompre par une sorte de contagion ou d’infection.

Endosser les difficultés des autres serait cependant, je le crains, un lourd fardeau pour quiconque, et je doute de l’efficacité de cette méthode. On peut faire quelque chose de beaucoup plus utile : si l’on a la force, donner de sa force à l’autre. Si l’on a la paix, répandre sa paix sur l’autre, etc. Cela, on peut le faire sans perdre sa force ou sa paix, si c’est fait comme il faut.

Vouloir avec une constance inébranlable le bien de quelqu’un en concentrant cette volonté à la fois dans la tête et dans le cœur est la meilleure manière possible de l’aider.

Extraits de Lettres sur le Yoga, tome 4

En illustration : Mère Teresa de Calcutta... adulée par les uns et tant décriée par les autres, ou de la difficulté d'aider dans l'action juste.

vendredi 7 décembre 2012

Le labeur d'un dieu

















J'ai rammasé mes rêves dans un air argenté
Entre l’or et le bleu
Et les ai enveloppés là doucement et laissés là,
Mes rêves précieux de vous.

J’avais espéré bâtir un pont d’arc-en-ciel
Pour marier le sol au ciel
Et semer dans cette minuscule planète dansante
L’atmosphère de l’infinitude.

Mais nos cieux étaient trop brillants, trop lointains,
Trop frêle leur substance éthérée,
Trop splendide et soudaine notre lumière ne pouvait pas rester ;
Les racines n’étaient pas assez profondes.

Celui qui voudrait apporter ici les cieux
Doit descendre lui-même dans l’argile
Et porter le fardeau de la nature terrestre
Et fouler le chemin douloureux.

Forçant ma divinité je suis descendu
Ici sur cette terre sordide,
Ignorante, laborieuse, produit de l’humain
Entre les portes de la mort et de la naissance.

J’ai creusé profond et longtemps
Dans une horreur de fange et de boue
Un lit pour le chant de la rivière d’or
Une demeure pour le feu qui ne meurt pas.

Poème de Sri Aurobindo (première partie). Le texte original est en anglais : A GOD’LABOUR. La première traduction en français paraît aux Editions Sri Aurobindo Ashram, Pondichéry, en 1972. Puis Satprem en effectue une traduction pour les Editions Institut de Recherches Evolutives basées à Paris, en 2004. Le texte qui précède comporte quelques modifications par rapport aux deux traductions précédemment citées, modifications effectuées par l'auteur de ce blog, Mudita.

Illustration : Pierre Soulages, Peinture 1959

mercredi 5 décembre 2012