jeudi 30 août 2012

Les opinions, la science, la solitude, l'action et l'inaction

Systématiser, nous y sommes obligés, mais même quand nous édifions et soutenons un système, nous ne devrions jamais perdre de vue cette vérité que tous les systèmes, par nature, sont transitoires et incomplets.

Si tu ne veux pas être le jouet des opinions, vois d’abord en quoi ta pensée est vraie, puis étudie en quoi son contraire est vrai. Enfin, découvre la cause de ces différences et la clef de l’harmonie de Dieu.

Sers-toi des opinions dans la vie, mais ne les laisse pas enchaîner ton âme dans leurs fers.

Une opinion n’est ni vraie ni fausse, elle est seulement utile dans la vie ou inutile, car c’est une création du Temps et avec le temps elle perd son efficacité et sa valeur. Elève-toi au dessus des opinions et cherche la sagesse impérissable.

L’amour de l’inaction est sottise, et sottise le mépris de l’inaction - il n’y a pas d’inaction. La pierre inerte sur le sable, que tu envoies promener d’un coup de pied distrait, a produit son effet sur les hémisphères.

Quand la connaissance est fraîche en nous, elle est invincible. Vieille, elle perd sa vertu. Parce que Dieu va toujours de l’avant.

La science pérore et se conduit comme si elle avait conquis toute la connaissance. La sagesse chemine, et elle entend l'écho de son pas solitaire au bord des océans immenses.

Voir la composition du soleil ou les lignes de Mars est sans doute un grand exploit. Mais quand tu auras l’instrument qui te fera voir l’âme de l’homme comme tu peux voir un tableau, alors tu souriras des merveilles de la science physique comme d’un jouet d’un bébé.

L’Europe se vante de son organisation et de son efficacité pratiques et scientifiques. J’attends que son organisation soit parfaite, alors un enfant la détruira.

L’amour de la solitude est le signe d’une disposition à la connaissance. Mais on ne parvient à la connaissance que lorsqu’on perçoit la solitude invariablement et partout, dans la foule et dans la bataille, et sur la place du marché.

Je ne suis pas un bhakta, car je n'ai pas renoncé au monde pour Dieu. Comment puis-je renoncer à ce qu'Il m'a pris de force et m'a redonné contre ma volonté ? Ces choses sont trop difficiles pour moi.

Quand je me plains d'une infortune et l'appelle un mal, ou quand je suis jaloux et déçu, je sais qu'en moi s'est encore réveillé l'éternel imbécile.

Mieux vaut être une pierre sur la route qui mène au Divin qu’une argile molle et faible dans les sentiers bourbeux de la nature vitale humaine ordinaire.

Les hommes courent après le plaisir et étreignent fiévreusement cette épouse brûlante sur leur cœur tourmenté ; pendant ce temps, une félicité divine et impeccable se tient derrière eux, attendant d’être vue, réclamée, et capturée.

L‘un des grands réconforts de la religion est que parfois vous pouvez empoigner Dieu et lui donner une satisfaisante raclée. Les gens se moquent de la sottise des sauvages qui battent leur Dieu lorsque leurs prières ne sont pas exaucées ; mais ce sont les moqueurs qui sont sots et sauvages.

Si seulement les hommes entrevoyaient les jouissances infinies, les forces parfaites, les horizons lumineux de connaissance spontanée, les calmes étendues de notre être qui nous attendent sur les pistes que notre évolution animale n’a pas encore conquises, ils quitteraient tout et n’auraient de cesse qu’ils n’aient gagné ces trésors. Mais le chemin est étroit, les portes sont difficiles à forcer, et la peur, le doute, le scepticisme sont là, sentinelles de la nature pour nous interdire de détourner nos pas des pâtures ordinaires

Dire que les choses commencent et finissent est une convention de notre expérience. Dans leur existence vraie, ces termes n’ont pas de réalité : il n’y a ni fin ni commencement.

Tout ce qui dépasse son niveau semble dur à l’homme. Et c’est dur en effet, pour un seul effort et sans aide. Mais la chose devient facile aussitôt, et simple, quand Dieu en l’homme prend le travail en main.

Extrait de Pensées et Aphorismes

mercredi 15 août 2012