mercredi 12 décembre 2012

Les relations humaines dans le yoga (article en plusieurs parties - partie 3/fin)


L’idée d’aider les autres est un fantasme de l’ego. C’est une forme subtile de l’ego. Seule la Force divine peut aider. On peut être son instrument, mais il faudrait d’abord apprendre à être un instrument approprié et sans ego.

Tout changement doit venir de l’intérieur avec le soutien perçu ou caché du Pouvoir divin. Ce n’est qu’en s’ouvrant soi-même à ce Pouvoir que l’on peut recevoir une aide, et non par un contact mental, vital ou physique avec d’autres personnes.

Une aide radicale ne peut venir que du dedans, par l’action de la Force divine et l’assentiment de l’être. Il faut bien dire que ceux qui croient aider n’apportent pas tous une aide réelle, et aussi que lorsque l’aide s’accompagne de l’exercice d’une « influence », celle-ci peut être d’un caractère complexe et nuire autant qu’aider si l’instrument n’est pas pur.

Il en est toujours ainsi dans la nature humaine : les hommes veulent s’aider les une les autres, mais ils ont un mobile caché ou un sentiment dont l’origine est l’ego. Ce n’est que lorsqu’on vit dans une conscience plus haute qu’il en est autrement.

L’inconvénient, lorsqu’on aide les autres, c’est bien entendu que l’on entre en contact avec leur conscience et leurs difficultés, et aussi que l’on s’extériorise davantage.

Par la sympathie, vous entrez en contact avec ce qui est en l’autre et le recevez. Vous pouvez également donner ou laisser sortir une partie de votre force qui va vers l’autre, ou encore vous la laisser soustraire. C’est la sympathie vitale qui produit cet effet. Une calme bienveillance spirituelle ou psychique n’entraîne pas ces réactions.

C’est dangereux de sympathiser avec quelqu’un qui est tombé dans l’erreur, parce qu’ainsi vous entrez en contact avec la Force adverse qui l’a bouleversé et aussitôt cette Force essaie de vous atteindre, de vous communiquer ses suggestions et de vous corrompre par une sorte de contagion ou d’infection.

Endosser les difficultés des autres serait cependant, je le crains, un lourd fardeau pour quiconque, et je doute de l’efficacité de cette méthode. On peut faire quelque chose de beaucoup plus utile : si l’on a la force, donner de sa force à l’autre. Si l’on a la paix, répandre sa paix sur l’autre, etc. Cela, on peut le faire sans perdre sa force ou sa paix, si c’est fait comme il faut.

Vouloir avec une constance inébranlable le bien de quelqu’un en concentrant cette volonté à la fois dans la tête et dans le cœur est la meilleure manière possible de l’aider.

Extraits de Lettres sur le Yoga, tome 4

En illustration : Mère Teresa de Calcutta... adulée par les uns et tant décriée par les autres, ou de la difficulté d'aider dans l'action juste.