jeudi 25 novembre 2010

mercredi 24 novembre 2010

Science physique et spritualité

La difficulté est que vous êtes un non-scientifique qui essaie d’imposer ses idées au domaine le plus difficile, parce que le plus matériel, de la science – la physique.

Si vous étiez vous-même un homme de science fondant ses idées sur des faits scientifiques universellement reconnus, ou encore sur ses propres découvertes – et même là avec beaucoup de difficulté – alors seulement vous pourriez trouver une audience, ou votre opinion pourrait avoir un certain poids.

Autrement, vous vous exposez au reproche de vous prononcer dans un domaine où vous n’avez aucune autorité, tout comme l’homme de science qui déclare, sur la foi de ses découvertes, que Dieu n’existe pas. Quand l’homme de science dit que « scientifiquement parlant, Dieu est une hypothèse qui n’est plus nécessaire », il profère une absurdité notoire – car l’existence de Dieu n’est pas, ne peut pas être, n’a jamais été une hypothèse ou un problème scientifique. C'est, et cela a toujours été un problème spirituel ou métaphysique. Vous ne pouvez pas en parler scientifiquement, ni pour ni contre. Le métaphysicien ou le chercheur spirituel a le droit de faire remarquer que c’est une absurdité ; mais si vous dictez la loi à l’homme de science dans son domaine, vous courez le risque de voir la même objection retournée contre vous.

Quant à l’unité de toute connaissance, elle est in posse, ou encore in esse. La méthode mécanique de connaissance mène à certains résultats, la méthode supérieure mène à d’autres, et en de nombreux points elles sont fondamentalement en désaccord. Comment le différend peut-il être résolu car chacune semble valable dans son propre domaine ? C’est un problème à résoudre, mais vous ne pouvez pas le résoudre de la manière que vous proposez. Surtout pas dans le domaine de la physique.

En psychologie, on peut dire que l’approche mécanique ou physiologique saisit le problème par son côté aveugle et est la moins fructueuse de toutes – car la psychologie n’est pas principalement un domaine de mécanisme et de mesure, elle débouche sur de vastes espaces au-delà des instrumentations de la conscience physique. En biologie on peut saisir une lueur de quelque chose au-delà du mécanisme, car il y a là, dès le début, un tressaillement de conscience progressant et s’organisant de plus en plus pour s’exprimer. Mais en physique, vous êtes dans le domaine même de la loi mécanique où le processus est tout et où la conscience motrice a choisi de se dissimuler le plus totalement. Si bien que là, « scientifiquement parlant », elle n’existe pas. On ne peut l’y découvrir que par l’occultisme et le yoga, mais les méthodes de la science occulte et du yoga ne sont pas mesurables par les moyens de la science physique et ne peuvent pas être suivies par elle, alors l’abîme demeure. Un pont l’enjambera peut-être un jour, mais ce n’est probablement pas le physicien qui le construira, il est donc inutile de lui demander de tenter ce qui est au-delà de son domaine.

Extrait de Lettres sur le Yoga, Tome 1

samedi 20 novembre 2010

mercredi 17 novembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 5


La force spirituelle a son propre caractère concret ; elle peut prendre une forme (comme le fait un cours d'eau, par exemple) dont on est conscient et qu'on peut envoyer très concrètement sur n'importe quel objet choisi.

Il s'agit là d'un fait concernant le pouvoir inhérent à la conscience spirituelle. Mais il existe aussi un usage volontaire de n'importe quelle force subtile - elle peut être spirituelle, mentale ou vitale - ceci afin d’obtenir un résultat particulier sur un point de l'univers.

Tout comme il y a des ondes de forces physiques invisibles - les ondes cosmo-telluriques, par exemple, ou les courants d'électricité, il y a des ondes mentales, des courants de pensée, des ondes d'émotion, de colère, de chagrin, qui affectent les autres sans qu'ils sachent d'où elles viennent ni même si elles viennent, il n'en sentent que le résultat.

Celui dont les sens occultes ou intérieurs sont éveillés peut les sentir qui viennent et l'envahissent. Les influences, bonnes ou mauvaises, peuvent se propager de cette manière ; cela peut arriver sans intention et naturellement, mais on peut aussi en faire un usage délibéré. Il peut aussi y avoir une génération de force, spirituelle ou autre, dans un but précis. Il peut également y avoir l'usage d'une volonté ou d'une idée efficace agissant directement, sans l'aide d'une action extérieure, parole ou autre, usage qui n'est pas concret dans ce sens, mais qui est tout de même efficace.

Toutes ces choses ne sont ni des imaginations, ni des illusions, ni des fariboles, mais ce sont des phénomènes véritables.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

lundi 15 novembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 4

La force yoguique est toujours tangible et concrète, et a des résultats tangibles. Mais elle est invisible - elle n'est pas comme un coup qu'on porte ou l'élan d'une automobile qui renverse quelqu'un, et que les sens physiques peuvent immédiatement percevoir.

Comment le mental purement physique peut-il savoir que les résultats étaient ceux de la force yoguique et non d'autre chose ? Par ses résultats ?

De deux choses l'une. Ou il doit permettre à la conscience d'aller au-dedans et de percevoir les choses intérieures, de croire en l'expérience de l'invisible et du supraphysique, et ensuite par l'expérience, par l'ouverture de nouvelles capacités, il devient conscient de ces forces et peut voir, suivre et utiliser leurs opérations, tout comme l'homme de science utilise les forces cachées de la Nature.

Ou bien il faut avoir la foi et observer, s'ouvrir, puis le mental commencera à voir comment les choses se produisent, il notera que quand la Force a été appelée, un résultat a commencé, après un certain temps, à se produire, puis des répétitions, de plus en plus de répétitions, des résultats plus clairs et tangibles, une fréquence croissante, une cohérence croissante des résultats, un sentiment et une conscience de la Force au travail - jusqu'à ce que l'expérience devienne quotidienne, régulière, normale, complète.

Ce sont les deux principales méthodes, l'une intérieure procédant de l'intérieur vers l'extérieur, l'autre extérieure, procédant du dehors et appelant la force intérieure à sortir jusqu'à ce qu'elle pénètre et soit visible dans la conscience extérieure. Mais aucune ne peut être appliquée si on persiste dans l'attitude extravertie, si on insiste sur le concret extérieur seul, et que l'on refuse de le joindre au concret intérieur, ou si le mental physique à chaque pas entame une ronde de doutes qui refuse de laisser l'expérience naissante se développer. Même un scientifique pratiquant une expérience nouvelle ne réussirait jamais s'il permettait à son mental de se conduire de cette façon.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

dimanche 14 novembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 3


Il ne s'ensuit pas qu'une force spirituelle doive réussir dans tous les cas, ou, si elle ne réussit pas, que cela ne prouve pas son existence. On ne peut dire cela d'aucune force. Par exemple : la force du feu est de brûler, mais il y a des choses que le feu ne brûle pas, et dans certaines circonstances il ne brûle même pas l'homme qui marche pieds nus sur des charbons rougis. Cela ne prouve pas que le feu ne peut pas brûler, ou même qu'il n'existe pas de force du feu, Agni Shakti.

Mon propos n'est pas de démontrer qu'il faut croire à la force spirituelle, mais que cette croyance n'est pas nécessairement une illusion et qu'elle peut être non seulement possible, mais aussi rationnelle.

La force invisible produisant des résultats tangibles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, est le sens même de la conscience yoguique.

Si nous n'avions pas eu des milliers d'expériences démontrant que le Pouvoir au-dedans peut changer le mental, développer ses pouvoirs, en ajouter d'autres, introduire de nouveaux ordres de connaissance, maîtriser les mouvements vitaux, transformer le caractère, influencer les hommes et les choses, contrôler l'état et le fonctionnement du corps, travailler comme une Force dynamique concrète sur d'autres forces, modifier les événements, etc. nous n'en parlerions pas de cette façon.

De plus, ce n'est pas seulement dans ses résultats, mais aussi dans ses mouvements que la force est tangible et concrète. Quand je parle de ressentir la Force ou le Pouvoir, je n'entends pas simplement en avoir un vague sentiment, mais de sentir concrètement et par conséquent être capable de diriger, de manipuler, d'observer son mouvement, d'être conscient de sa masse et de son intensité, et de la même manière que dans le cas d'autres forces, plus physiques ; tout cela est possible et habituel par le développement du yoga.

Néanmoins, sauf s'il s'agit de la Force supramentale, ce Pouvoir n'agit pas sans conditions ni limites. Les conditions et les limites dans lesquelles le yoga ou la sâdhanâ doit s'effectuer ne sont ni arbitraires ni capricieuses ; elles naissent de la nature des choses. La force yoguique doit tenir compte de ces conditions et de ces limites, qui englobent la volonté, la réceptivité, l'assentiment, l'ouverture de soi et la concentration du sâdhak, jusqu'à ce qu'elle reçoive une sanction du Suprême qui lui permette d'outrepasser tout et d'accomplir quelque chose ; mais cette sanction est donnée avec parcimonie. Si le Pouvoir supramental descendait tout entier, sans se contenter d'envoyer ses influences à travers le surmental, alors seulement les choses pourraient être très radicalement dirigées vers cet objectif - et la sanction ne serait pas rare. Car la Loi de la Vérité serait à l'oeuvre, et non constamment contre-balancée par la loi de l'Ignorance.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1