mercredi 15 décembre 2010

Ce destin sans ordre qui imite le hasard


Tout ce qui transparaît sur la terre et tout ce qui est au-delà
Fait partie d’un plan sans limites
Que l’Unique garde en son cœur et seul connaît.

Ce qui nous arrive au-dehors porte sa semence au-dedans
Et même ce Destin sans ordre qui imite le Hasard,
Cette masse de conséquences inintelligibles,
Sont le graphique muet de vérités qui oeuvrent, invisibles :
Les lois de l’Inconnu créent le connu.

Les évènements qui façonnent l’apparence de nos vies
Sont le message codé de pulsations subliminales
Que rarement nous surprenons ou vaguement nous sentons,
Ils sont l’effet de réalités refoulées
Qui émergent à peine au jour matériel :
Ils naissent du soleil des pouvoirs cachés de l’esprit
Se creusant un tunnel au travers de l’urgence.

Mais qui va sonder le gouffre énigmatique
Pour apprendre quelle nécessité profonde de l’âme
A déterminé l’acte fortuit et sa conséquence ?

Absorbés dans une routine d’actions quotidiennes,
Nos yeux sont fixés sur une scène extérieure ;
En entendant craquer les roues de la Circonstance
Nous nous interrogeons sur la cause cachée des choses.

Extrait de Savitri

dimanche 5 décembre 2010

samedi 4 décembre 2010

La joie d'être

Si Brahman n'était qu'une abstraction impersonnelle contredisant éternellement le fait apparent de notre existence concrète, l'annihilation serait la juste fin de l'affaire ; mais l'amour, la joie et la conscience de soi ont aussi leur place.
L'univers n'est pas simplement une formule mathématique destinée à élaborer la relation de certaines abstractions mentales appelées nombres et principes, pour aboutir finalement à un zéro ou à une unité vide ; ce n'est pas davantage une simple opération physique exprimant une certaine équation de forces. C'est la joie d'un Dieu amoureux de lui-même, le jeu d'un Enfant, l'inépuisable multiplication de soi d'un Poète enivré par l'extase de son propre pouvoir de création sans fin.

Nous pouvons parler du Suprême comme d'un mathématicien traduisant en nombres un calcul cosmique, ou comme d'un penseur qui résout par expérimentation un problème de relation de principes et d'équilibre de forces. Mais nous devrions aussi parler de Lui comme de l'amant, du musicien des harmonies particulières et universelles, comme de l'enfant, du poète. Il ne suffit pas de comprendre son aspect de pensée ; il faut encore saisir entièrement son aspect de joie. Les idées, les forces, les existences, les principes sont des moules creux, à moins qu'ils ne soient remplis du souffle de la joie de Dieu.

Ces choses sont des images, mais tout est image. Les abstractions nous donnent la pure conception des vérités de Dieu ; les images nous donnent leur réalité vivante.

Si l'Idée embrassant la Force engendra les mondes, la Joie d'Être engendra l'Idée. C'est parce que l'Infini conçut en lui-même une innombrable joie que les mondes et les univers prirent naissance.

La conscience d'être et la joie d'être sont les premiers parents. Elles sont aussi les ultimes transcendances. L'inconscience n'est qu'un intervalle d'évanouissement de la conscience ou son obscur sommeil ; la douleur et l'extinction de soi ne sont que la joie d'être se fuyant elle-même afin de se retrouver ailleurs ou autrement.

La joie d'être n'est pas limitée dans le temps ; elle est sans fin ni commencement. Dieu ne sort d'une forme que pour entrer dans une autre.

Après tout, qu'est Dieu ? Un éternel enfant jouant un jeu éternel dans un éternel jardin.

Extrait de Aperçus et Pensées

En illustration, une photographie de Zena Holliday.

jeudi 25 novembre 2010

mercredi 24 novembre 2010

Science physique et spritualité

La difficulté est que vous êtes un non-scientifique qui essaie d’imposer ses idées au domaine le plus difficile, parce que le plus matériel, de la science – la physique.

Si vous étiez vous-même un homme de science fondant ses idées sur des faits scientifiques universellement reconnus, ou encore sur ses propres découvertes – et même là avec beaucoup de difficulté – alors seulement vous pourriez trouver une audience, ou votre opinion pourrait avoir un certain poids.

Autrement, vous vous exposez au reproche de vous prononcer dans un domaine où vous n’avez aucune autorité, tout comme l’homme de science qui déclare, sur la foi de ses découvertes, que Dieu n’existe pas. Quand l’homme de science dit que « scientifiquement parlant, Dieu est une hypothèse qui n’est plus nécessaire », il profère une absurdité notoire – car l’existence de Dieu n’est pas, ne peut pas être, n’a jamais été une hypothèse ou un problème scientifique. C'est, et cela a toujours été un problème spirituel ou métaphysique. Vous ne pouvez pas en parler scientifiquement, ni pour ni contre. Le métaphysicien ou le chercheur spirituel a le droit de faire remarquer que c’est une absurdité ; mais si vous dictez la loi à l’homme de science dans son domaine, vous courez le risque de voir la même objection retournée contre vous.

Quant à l’unité de toute connaissance, elle est in posse, ou encore in esse. La méthode mécanique de connaissance mène à certains résultats, la méthode supérieure mène à d’autres, et en de nombreux points elles sont fondamentalement en désaccord. Comment le différend peut-il être résolu car chacune semble valable dans son propre domaine ? C’est un problème à résoudre, mais vous ne pouvez pas le résoudre de la manière que vous proposez. Surtout pas dans le domaine de la physique.

En psychologie, on peut dire que l’approche mécanique ou physiologique saisit le problème par son côté aveugle et est la moins fructueuse de toutes – car la psychologie n’est pas principalement un domaine de mécanisme et de mesure, elle débouche sur de vastes espaces au-delà des instrumentations de la conscience physique. En biologie on peut saisir une lueur de quelque chose au-delà du mécanisme, car il y a là, dès le début, un tressaillement de conscience progressant et s’organisant de plus en plus pour s’exprimer. Mais en physique, vous êtes dans le domaine même de la loi mécanique où le processus est tout et où la conscience motrice a choisi de se dissimuler le plus totalement. Si bien que là, « scientifiquement parlant », elle n’existe pas. On ne peut l’y découvrir que par l’occultisme et le yoga, mais les méthodes de la science occulte et du yoga ne sont pas mesurables par les moyens de la science physique et ne peuvent pas être suivies par elle, alors l’abîme demeure. Un pont l’enjambera peut-être un jour, mais ce n’est probablement pas le physicien qui le construira, il est donc inutile de lui demander de tenter ce qui est au-delà de son domaine.

Extrait de Lettres sur le Yoga, Tome 1

samedi 20 novembre 2010

mercredi 17 novembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 5


La force spirituelle a son propre caractère concret ; elle peut prendre une forme (comme le fait un cours d'eau, par exemple) dont on est conscient et qu'on peut envoyer très concrètement sur n'importe quel objet choisi.

Il s'agit là d'un fait concernant le pouvoir inhérent à la conscience spirituelle. Mais il existe aussi un usage volontaire de n'importe quelle force subtile - elle peut être spirituelle, mentale ou vitale - ceci afin d’obtenir un résultat particulier sur un point de l'univers.

Tout comme il y a des ondes de forces physiques invisibles - les ondes cosmo-telluriques, par exemple, ou les courants d'électricité, il y a des ondes mentales, des courants de pensée, des ondes d'émotion, de colère, de chagrin, qui affectent les autres sans qu'ils sachent d'où elles viennent ni même si elles viennent, il n'en sentent que le résultat.

Celui dont les sens occultes ou intérieurs sont éveillés peut les sentir qui viennent et l'envahissent. Les influences, bonnes ou mauvaises, peuvent se propager de cette manière ; cela peut arriver sans intention et naturellement, mais on peut aussi en faire un usage délibéré. Il peut aussi y avoir une génération de force, spirituelle ou autre, dans un but précis. Il peut également y avoir l'usage d'une volonté ou d'une idée efficace agissant directement, sans l'aide d'une action extérieure, parole ou autre, usage qui n'est pas concret dans ce sens, mais qui est tout de même efficace.

Toutes ces choses ne sont ni des imaginations, ni des illusions, ni des fariboles, mais ce sont des phénomènes véritables.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

lundi 15 novembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 4

La force yoguique est toujours tangible et concrète, et a des résultats tangibles. Mais elle est invisible - elle n'est pas comme un coup qu'on porte ou l'élan d'une automobile qui renverse quelqu'un, et que les sens physiques peuvent immédiatement percevoir.

Comment le mental purement physique peut-il savoir que les résultats étaient ceux de la force yoguique et non d'autre chose ? Par ses résultats ?

De deux choses l'une. Ou il doit permettre à la conscience d'aller au-dedans et de percevoir les choses intérieures, de croire en l'expérience de l'invisible et du supraphysique, et ensuite par l'expérience, par l'ouverture de nouvelles capacités, il devient conscient de ces forces et peut voir, suivre et utiliser leurs opérations, tout comme l'homme de science utilise les forces cachées de la Nature.

Ou bien il faut avoir la foi et observer, s'ouvrir, puis le mental commencera à voir comment les choses se produisent, il notera que quand la Force a été appelée, un résultat a commencé, après un certain temps, à se produire, puis des répétitions, de plus en plus de répétitions, des résultats plus clairs et tangibles, une fréquence croissante, une cohérence croissante des résultats, un sentiment et une conscience de la Force au travail - jusqu'à ce que l'expérience devienne quotidienne, régulière, normale, complète.

Ce sont les deux principales méthodes, l'une intérieure procédant de l'intérieur vers l'extérieur, l'autre extérieure, procédant du dehors et appelant la force intérieure à sortir jusqu'à ce qu'elle pénètre et soit visible dans la conscience extérieure. Mais aucune ne peut être appliquée si on persiste dans l'attitude extravertie, si on insiste sur le concret extérieur seul, et que l'on refuse de le joindre au concret intérieur, ou si le mental physique à chaque pas entame une ronde de doutes qui refuse de laisser l'expérience naissante se développer. Même un scientifique pratiquant une expérience nouvelle ne réussirait jamais s'il permettait à son mental de se conduire de cette façon.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

dimanche 14 novembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 3


Il ne s'ensuit pas qu'une force spirituelle doive réussir dans tous les cas, ou, si elle ne réussit pas, que cela ne prouve pas son existence. On ne peut dire cela d'aucune force. Par exemple : la force du feu est de brûler, mais il y a des choses que le feu ne brûle pas, et dans certaines circonstances il ne brûle même pas l'homme qui marche pieds nus sur des charbons rougis. Cela ne prouve pas que le feu ne peut pas brûler, ou même qu'il n'existe pas de force du feu, Agni Shakti.

Mon propos n'est pas de démontrer qu'il faut croire à la force spirituelle, mais que cette croyance n'est pas nécessairement une illusion et qu'elle peut être non seulement possible, mais aussi rationnelle.

La force invisible produisant des résultats tangibles, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, est le sens même de la conscience yoguique.

Si nous n'avions pas eu des milliers d'expériences démontrant que le Pouvoir au-dedans peut changer le mental, développer ses pouvoirs, en ajouter d'autres, introduire de nouveaux ordres de connaissance, maîtriser les mouvements vitaux, transformer le caractère, influencer les hommes et les choses, contrôler l'état et le fonctionnement du corps, travailler comme une Force dynamique concrète sur d'autres forces, modifier les événements, etc. nous n'en parlerions pas de cette façon.

De plus, ce n'est pas seulement dans ses résultats, mais aussi dans ses mouvements que la force est tangible et concrète. Quand je parle de ressentir la Force ou le Pouvoir, je n'entends pas simplement en avoir un vague sentiment, mais de sentir concrètement et par conséquent être capable de diriger, de manipuler, d'observer son mouvement, d'être conscient de sa masse et de son intensité, et de la même manière que dans le cas d'autres forces, plus physiques ; tout cela est possible et habituel par le développement du yoga.

Néanmoins, sauf s'il s'agit de la Force supramentale, ce Pouvoir n'agit pas sans conditions ni limites. Les conditions et les limites dans lesquelles le yoga ou la sâdhanâ doit s'effectuer ne sont ni arbitraires ni capricieuses ; elles naissent de la nature des choses. La force yoguique doit tenir compte de ces conditions et de ces limites, qui englobent la volonté, la réceptivité, l'assentiment, l'ouverture de soi et la concentration du sâdhak, jusqu'à ce qu'elle reçoive une sanction du Suprême qui lui permette d'outrepasser tout et d'accomplir quelque chose ; mais cette sanction est donnée avec parcimonie. Si le Pouvoir supramental descendait tout entier, sans se contenter d'envoyer ses influences à travers le surmental, alors seulement les choses pourraient être très radicalement dirigées vers cet objectif - et la sanction ne serait pas rare. Car la Loi de la Vérité serait à l'oeuvre, et non constamment contre-balancée par la loi de l'Ignorance.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

dimanche 24 octobre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 2

Il est évident que si la force spirituelle existe, elle doit être capable de produire des résultats spirituels. S’il est vrai que la force spirituelle est la force originelle et que les autres en dérivent, alors il n’y a rien d’irrationnel à supposer que cette force spirituelle peut produire des résultats mentaux, vitaux, physiques. Elle peut agir à travers les énergies mentales, vitales ou physiques et par les moyens qu’utilisent ces énergies, ou elle peut agir directement sur le mental, la vie ou la Matière choisis comme domaines de son action propre, spéciale et immédiate. Les deux modes d’action sont à première vue possibles.

Prenons le cas de la guérison d’une maladie ; quelqu’un est malade pendant deux jours, faible, éprouvant des douleurs et de la fièvre ; il ne prend pas de médicaments, mais finalement demande à son guru de le guérir ; le lendemain matin, il se lève en bonne santé, plein de force et d’énergie. Il a au moins quelque justification à penser qu’une force a été utilisée sur lui et placée en lui, et que c’est un pouvoir spirituel qui a agi là.

Mais dans un autre cas, on peut utiliser des médicaments tout en faisant appel à cette même force invisible pour aider les moyens matériels - car il est bien connu que les médicaments agissent ou n’agissent pas - il n’y a aucune certitude. Là, pour la raison d’un observateur extérieur (quelqu’un qui ne serait ni l’utilisateur de la force, ni le médecin, ni le malade), il demeure incertain que le patient ait été guéri par les médicaments seuls ou par la force spirituelle utilisant ces médicaments comme instruments. Les deux sont possibles, et on ne peut pas dire que, parce que des médicaments ont été utilisés, l’œuvre de la force spirituelle est en soi incroyable et que sa fausseté peut être démontrée.

D’autre part, il est possible que le médecin lui-même ait senti une force travailler en lui et le guider, ou il peut voir la santé du patient s’améliorer avec une rapidité qui, selon la science médicale, n'est pas concevable. Le malade de son coté peut très bien sentir la force qui travaille en lui, apporter la santé, l’énergie, la guérison rapide et l’utilisateur de la force observer les résultats, voir diminuer les symptômes sur lesquels il travaille, augmenter ceux sur lesquels il n’a pas travaillé jusqu’à ce qu’il travaille sur eux et les voie immédiatement diminuer, le docteur travaillant sur des suggestions non formulées, etc. jusqu’à ce que la guérison soit effective. Il peut aussi voir les forces travailler contre la guérison et conclure que la force spirituelle doit se contenter de se retirer ou de ne réussir qu’imparfaitement. Dans tout cela le médecin, le patient, ou l’utilisateur de la force peuvent légitimement croire que la guérison est au moins partiellement ou même fondamentalement due à la force spirituelle. Leur expérience est évidemment valable pour eux seuls, et non pour l’observateur extérieur qui raisonne. Car celui-ci n’est pas logiquement qualifié pour dire que leur expérience n’est pas croyable et nécessairement fausse.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

vendredi 24 septembre 2010

Force yoguique et force spirituelle (article en plusieurs parties) - partie 1


L'univers entier, selon la Science, n'est qu'un jeu d'Energie - on l'appelait autrefois une Energie matérielle, mais on doute maintenant que la Matière, scientifiquement parlant, existe, sinon en tant que phénomène d’énergie.

L’univers entier, selon le Vedânta, est le jeu du pouvoir d’une entité spirituelle, le pouvoir d’une conscience originelle, qu’elle soit Mâyâ ou Shakti, que le résultat soit une illusion ou une réalité.

Dans le monde, et dans la mesure où il s’agit de l’homme, nous ne sommes conscients que de l’énergie mentale, de l’énergie de vie, de l’énergie dans la matière ; mais on suppose qu’il y a aussi une énergie ou une force spirituelle derrière elles d’où elles tirent leur origine. Dans les deux cas, toutes choses résultent d’une Shakti, énergie ou force. Il n’y a pas d’action sans une Force ou une Energie accomplissant l’action et amenant sa conséquence.

En outre, ce qui n’a pas de force en soi est ou quelque chose de mort, ou quelque chose d’irréel, ou quelque chose d’inerte et qui n’a pas de conséquence. Si la conscience spirituelle n’existe pas, le yoga ne peut pas avoir de réalité, et s’il n’y a pas de force yoguique, de force spirituelle, de yoga-shakti, alors le yoga ne peut avoir aucune efficacité.

Une conscience de yoga ou une conscience spirituelle qui ne contient pas de pouvoir ou de force peut ne pas être morte ou irréelle, mais c’est évidemment quelque chose d’inerte, sans effet ni conséquence. De même, un homme qui s’embarque pour devenir un yogi ou un gourou et qui n’a pas de conscience spirituelle, ou pas de pouvoir dans sa conscience spirituelle (force yoguique ou force spirituelle) proclame une contre vérité et est soit un charlatan, soit un imbécile qui se leurre lui-même ; ou plus encore si, n’ayant pas de force spirituelle, il prétend avoir ouvert une voie que d’autres peuvent suivre.

Si le yoga est une réalité, si la spiritualité est un peu plus qu’une illusion, il doit exister une force yoguique ou une force spirituelle.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 1

dimanche 5 septembre 2010

Les limites de la science


La science elle-même est parvenue à la conclusion qu’elle ne peut, comme elle l’avait espéré un moment, déterminer la vérité des choses ou leur nature réelle, ou ce qu’il y a derrière les phénomènes physiques.

Elle ne peut s’occuper que du processus des choses physiques, de la manière dont elles se produisent et de ce que l’homme peut faire pour les traiter et les utiliser.

En d’autres termes, le domaine de la science physique a maintenant été décrit et délimité avec précision, et les questions concernant Dieu ou la Réalité ultime ou tous les autres problèmes métaphysiques ou spirituels sont en dehors de lui.

Les prétendues sciences qui traitent du mental et de l’homme (psychologie, etc.) dépendent tellement des sciences physiques qu’elles ne peuvent sortir de leurs étroites limites.

Si la science doit tourner son visage vers le Divin, ce doit être une science nouvelle, non encore élaborée, qui s’occuperait directement des forces du monde de la vie et du Mental, et par là arriverait à ce qui est au-delà du Mental ; mais la science d’aujourd’hui ne peut pas le faire.


Extrait de Lettres sur le Yoga

dimanche 15 août 2010

mercredi 11 août 2010

Perception du moi et pouvoir conscient


La Conscience est faite de deux éléments : la perception du moi, des choses et des forces, et le pouvoir conscient.

La perception est la première nécessité, vous devez percevoir les choses dans la conscience juste, de la manière juste, les voir dans leur vérité ; mais la perception en elle-même ne suffit pas. Il doit y avoir une Volonté et une Force qui rendent la conscience efficace.

L'un peut avoir la pleine conscience de ce qui doit être changé, de ce qui doit partir et de ce qui doit le remplacer, mais il peut se trouver dans l'incapacité d'opérer le changement.

Un autre peut avoir la force de volonté, mais faute d'avoir une perception juste, être incapable de l'appliquer de la bonne manière au bon endroit. L'avantage, quand vous êtes dans la vraie conscience, est que vous avez la perception juste, et comme sa volonté est en harmonie avec la volonté de la Mère, vous pouvez appeler la Force de la Mère pour qu'elle opère le changement.

Ceux qui vivent dans le mental et le vital ne sont pas capables de le faire aussi bien ; ils sont obligés d'utiliser principalement leur effort personnel, et comme la perception, la volonté et la force du mental et du vital sont divisées et imparfaites, le travail effectué est imparfait et n'est pas définitif.

C'est seulement dans le supramental que la Perception, la Volonté, la Force sont toujours un seul mouvement et sont automatiquement efficaces.

Extrait de Lettres sur le Yoga, Tome 2

dimanche 25 juillet 2010

La relation au Gourou




La relation entre Gourou et disciple n’est qu’une l’une des nombreuses relations que l’on peut avoir avec le Divin et dans notre yoga, où le but est une réalisation supramentale, il n’est pas habituel de lui donner ce nom.

Le divin est plutôt considéré comme la Source, le vivant Soleil de Lumière, de Connaissance, de Conscience et de réalisation spirituelles, et tout ce que l’on reçoit, on le sent venir de là, on sent que tout l’être est remodelé par la Main Divine.

C’est une relation plus grande et plus intime que la relation entre Gourou humain et disciple qui relève d’un idéal mental plus limité. Néanmoins si l’intellect a encore besoin de cette conception mentale, qui lui est plus familière, elle peut être conservée tant qu’elle est nécessaire.

Seulement, ne permettez pas à l’âme de s’y attacher, ne laissez pas cette conception mentale restreindre l’afflux d’autres relations avec le Divin et de formes d’expérience plus vastes.

Extrait de Lettres sur le Yoga, Tome 3

jeudi 17 juin 2010

Où placer sa conscience ?

La « Conscience » désigne quelque chose qui est partout essentiellement semblable, mais qui varie en état, en condition et en mode d'action.

En elle, à certains niveaux ou dans certaines conditions, les activités que nous appelons conscience peuvent exister, dans un état soit comprimé, soit inorganisé, soit organisé différemment ; alors que dans d'autres états, certaines autres activités peuvent se manifester qui, en nous, sont réprimées, inorganisées ou latentes, ou encore se manifestent moins parfaitement, sont moins intenses, moins étendues et moins puissantes que dans ces degrés supérieurs à notre limite mentale la plus haute.

Tout dépend du lieu où la conscience se place et se concentre.

Si la conscience se place ou se concentre dans l'ego, vous vous identifiez à l'ego ; si elle se place ou se concentre dans le mental, elle s'identifie au mental et à ses activités, et ainsi de suite.

Si la conscience exerce sa pression au dehors, on dit qu'elle vit dans l'être extérieur, qu'elle oublie son mental et son vital intérieurs comme son psychique le plus profond ; si elle va au-dedans, qu'elle y exerce une pression centralisatrice, alors elle se connaît comme l'être intérieur ou, plus profondément encore, comme l'être psychique ; si elle s'élève hors du corps jusqu'aux plans où le moi est naturellement conscient de son immensité et de sa liberté, elle se connaît comme le Moi et non le mental, la vie ou le corps.

Toute la différence provient du point où s'exerce cette pression de la conscience. C'est pourquoi il faut concentrer la conscience dans le coeur ou dans le mental afin d'aller au-dedans ou au-dessus : la position de la conscience détermine tout, fait qu'on est plutôt mental, vital, physique ou psychique, enchaîné ou libre, séparé dans le Pourousha ou involué dans la Prakriti.

Extrait de Lettres sur le Yoga, Tome 2

lundi 14 juin 2010

Le "Je" et la Conscience


La Conscience n'a pas besoin d'un "je" clair et individuel (Sri Aurobindo répond ici à une question d'un disciple) pour exercer de diverses façons sa pression centralisatrice : quel que soit le lieu où elle la place, le "je" s'y attache, de sorte qu'on se considère soi-même comme un être mental, un être physique ou n'importe quoi d'autre.

La Conscience peut s'organiser d'une manière ou d'une autre ; elle peut descendre dans le physique et y travailler sur la nature physique, gardant tout le reste à l'arrière-plan ou au-dessus pendant un certain temps; ou elle peut monter au-dessus de la tête et se tenir alors au-dessus du mental, de la vie et du corps, les voyant ainsi comme des formes instrumentales inférieures d'elle-même, ou ne les voyant pas du tout, plongée dans le Moi libre et indifférencié ; ou elle peut se jeter dans une conscience cosmique active et dynamique et s'y identifier, ou encore faire toutes sortes d'autres choses sans recourir à cette mouche du coche qui se mêle de tout, à laquelle on accorde beaucoup trop d'importance, et que vous appelez le "je" clair et individuel.

Le vrai "je" - si vous tenez à ce mot - n'est pas "clair et individuel", il n'est pas un ego séparé, nettement délimité, il est aussi vaste que l'univers et même plus vaste, il peut contenir l'univers en lui, mais ce n'est pas l'Ahamkâr, c'est l'Atman.

La Conscience est un élément fondamental, l'élément fondamental de l'existence - c'est l'énergie, l'impulsion, le mouvement de conscience qui crée l'univers et tout ce qu'il contient : non seulement le macrocosme, mais aussi le microcosme ne sont rien d'autre que de la conscience en train de s'organiser.

Par exemple, quand la Conscience dans son mouvement ou plutôt dans une certaine intensité de mouvement s'oublie dans l'action, elle devient une énergie apparemment "inconsciente" ; quand elle s'oublie dans la forme, elle devient l'électron, l'atome, l'objet matériel.

En réalité, c'est toujours la Conscience qui est à l'oeuvre dans l'énergie et détermine la forme et l'évolution de la forme. Quand elle veut se libérer de la Matière, lentement, par évolution, mais toujours dans la forme, elle émerge en vie, en animal, en homme, et elle peut continuer à évoluer en sortant plus encore de son involution et devenir quelque chose de plus qu'un homme. Si vous pouvez saisir cela, alors il ne devrait pas vous être très difficile de voir ensuite qu'elle peut se formuler subjectivement en conscience physique, vitale, mentale, psychique ; toutes sont présentes en l'homme, mais comme elles sont toutes mélangées dans la conscience extérieure et que leur état véritable reste à l'arrière-plan dans l'être intérieur, on ne peut devenir pleinement conscient de leur présence qu'en élargissant la limitation imposée à l'origine par la conscience, qui nous fait vivre dans notre être extérieur, en s'éveillant et en se centrant au-dedans sur l'être intérieur.

Comme la Conscience en nous, lorsqu'elle se concentre ou se place principalement à l'extérieur, doit renvoyer tout cela à l'arrière-plan, derrière un mur ou un voile, elle doit détruire le mur ou le voile et revenir se concentrer dans ces parties intérieures de l'existence - c'est ce que nous appelons vivre au-dedans ; alors notre être extérieur nous paraît petit et superficiel, nous sommes, ou pouvons devenir conscients du royaume intérieur, vaste, riche, inépuisable.

En même temps, la Conscience en nous a placé un couvercle, un écran, entre les plans inférieurs du mental, de la vie, du corps soutenus par le psychique, et les plans supérieurs qui contiennent les royaumes spirituels où le moi est toujours libre et sans limite, et elle peut briser ou ouvrir le couvercle, l'écran, monter dans ces plans supérieurs et devenir le Moi libre, vaste et lumineux, ou faire descendre l'influence, le reflet et finalement même la présence et le pouvoir de la Conscience supérieure dans la nature inférieure.

C'est donc cela la Conscience : elle n'est pas composée de parties, elle est le fondement de l'être et donne elle-même une forme à toutes les parties qu'elle choisit de manifester, en les élaborant depuis le haut vers le bas dans une descente progressive depuis les niveaux spirituels vers l'involution dans la Matière, ou en leur donnant une forme au premier plan, dans un mouvement ascendant, par ce que nous appelons l'évolution. Si elle choisit de travailler en vous à travers le sentiment de l'ego, vous pensez que c'est le "je" clairement délimité qui fait tout ; si elle commence à se libérer de ce fonctionnement limité, vous commencez à étendre votre sentiment du "je" jusqu'à ce qu'il éclate pour devenir infini et n'existe plus, ou vous vous en dépouillez et vous vous épanouissez pour devenir une immensité spirituelle.

Evidemment, ce n'est pas là ce que la pensée matérialiste moderne appelle "conscience", parce que cette pensée est assujettie à la science et ne voit la conscience que comme un phénomène qui émerge de la Matière inconsciente et qui consiste en certaines réactions de l'organisme aux objets extérieurs. Mais cela, c'est un phénomène de conscience, ce n'est pas la Conscience elle-même, ce n'est même qu'une très petite partie de tous les phénomènes possibles de conscience, et cela ne peut donner aucune indication sur la Conscience, cette Réalité qui est l'essence même de l'existence.

Extrait de Lettres sur le Yoga, tome 2

mardi 18 mai 2010

L'éveil de la Conscience (article en deux parties, partie 2)

(pour une bonne compréhension, lire avant l’article précédent).

Mais tel n’est pas toujours le commencement. Le sâdhak est souvent conduit graduellement, et la distance est longue entre le premier tournant du mental et un complet assentissement de notre nature à l’entreprise vers laquelle nous nous tournons.

Tout d’abord, ce n’est peut-être qu’un vif intérêt intellectuel, une puissante attraction pour l’idée et quelque forme imparfaite de pratique. Ou peut-être y a-t-il un effort, mais il n’est pas favorisé par la nature entière ; peut-être est-ce une décision ou une orientation imposée par une influence intellectuelle ou dictée par l’affection et l’admiration personnelles pour quelqu’un qui lui-même est consacré et dévoué au Suprême. En ce cas, il se peut qu’une longue période de préparation soit nécessaire avant que la consécration irrévocable se produise, et il est des exemples où elle ne se produit pas.

Il peut y avoir un certain progrès, il peut y avoir un grand effort et même une grande purification, beaucoup d’expériences autres que les expériences centrales ou suprêmes ; mais, ou bien la vie se passera en préparation, ou bien, après avoir atteint un certain stade et n’étant pas poussé par une force dynamique suffisante, le mental s’arrêtera satisfait à la limite de l’effort dont il était capable. Il peut même y avoir un recul à une vie inférieure - ce qu’en langage yogique on appelle une chute hors la voie. Cette défaillance arrive parce qu’il y a un défaut au centre même. L’intelligence a été intéressée, le cœur a été attiré, la volonté s’est tendue dans l’effort, mais la nature entière n’a pas été faite captive du Divin. Elle a seulement acquiescé à l’intérêt, à l’attraction ou à l’entreprise. Il y a eu une tentative, peut-être même une ardente tentative, mais pas un don de soi total à un besoin impérieux de l’âme ou à un idéal indéfectible.

Pour autant même ce très imparfait yoga n’est pas perdu, car aucun effort vers le haut n’est vain.

Même s’il échoue dans le présent, même s’il n’arrive qu’à une étape préparatoire, à une réalisation préliminaire, il a cependant déterminé l’avenir de l’âme. Mais si nous désirons profiter pleinement de l’occasion que nous donne cette vie, si nous voulons vraiment répondre à l’appel que nous avons reçu et atteindre le but que nous avons entrevu au lieu d’avancer seulement de quelques pas, un don de soi intégral est essentiel.

Le secret du succès dans le yoga est de le considérer non pas comme l’un des buts à poursuivre dans la vie, mais comme le tout de la vie.

Extrait de La Synthèse des Yogas

En illustration, une photo de Laurent Zylberman

mardi 11 mai 2010

L'éveil de la Conscience (article en deux parties - partie 1)

Tout yoga est par nature une nouvelle naissance ; c’est sortir de la vie humaine ordinaire - la vie matérielle mentalisée - et naître à une conscience spirituelle plus haute, à un être plus vaste et plus divin.

Aucun yoga ne peut être entrepris ni poursuivi avec succès sans un puissant éveil à la nécessité d’une existence spirituelle plus large. L’âme appelée à ce vaste et profond changement peut arriver par divers chemins au point de départ initial. Elle peut y parvenir par son propre développement naturel qui inconsciemment la conduisait à l’éveil ; elle peut y arriver sous l’influence d’une religion ou attirée par une philosophie ; elle peut s’en approcher par une lente illumination ou y toucher d’un bond par un contact ou un choc soudains ; elle peut y être poussée ou conduite sous la pression des circonstances extérieures ou par une nécessité intérieure, par un seul mot qui rompt les seaux du mental ou par de longues réflexions, par l’exemple éloigné de celui qui a parcouru le chemin ou par une influence et un contact quotidiens. Suivant la nature et les conditions de chacun, l’appel viendra.

Mais de quelque manière qu’il vienne, l’appel doit être suivi d’une décision du mental et de la volonté, et, par la suite, d’une consécration de soi complète et effective. L’acceptation d’une nouvelle idée-force spirituelle et une orientation de l’être vers le haut, une illumination, un retournement ou une conversion dont se saisissent la volonté et l’aspiration du cœur - tel est l’acte décisif qui contient en germe tous les résultats que le yoga doit donner.

Une idée simplement, ou une recherche intellectuelle de quelque chose de plus haut, derrière, est inefficace, quelle que soit l’intensité d’intérêt que le mental y mette, à moins que le cœur ne s’en saisisse comme la seule chose désirable, et la volonté, comme de la seule chose à faire. Car la vérité de l’Esprit n’est pas faite pour être seulement pensée, mais vécue ; et la vivre exige une détermination unanime de tout l’être. Un changement aussi grand que celui envisagé par le yoga ne peut pas s’effectuer par une volonté divisée ni par une petite fraction de notre énergie ni par un mental hésitant.

Si le changement se produit soudainement et d’une façon décisive, par une influence irrésistible, il n’y a plus de difficulté essentielle ou durable. Le choix suit la pensée, ou l’accompagne, et la consécration suit le choix. Les pas sont déjà sur le chemin, même si tout d’abord ils semblent errer avec incertitude et même si le chemin n’est vu qu’obscurément, même si la connaissance du but est imparfaite. L’Instructeur secret, le Guide intérieur est déjà à l’œuvre, bien qu’il ne se manifeste pas encore peut-être, ou ne soit pas encore apparu en la personne de son représentant humain. Quelles que soient les difficultés ou les hésitations qui suivent, elles ne peuvent pas finalement prévaloir contre le pouvoir de l’expérience qui a changé le cours de la vie.

Une fois décisif, l’appel tient ; ce qui est né ne peut plus être étouffé. Même si la force des circonstances empêchait un développement régulier ou une consécration pratique et complète dès le début, le mental a pris le pli et persiste à retourner à sa préoccupation dominante avec une force toujours accrue. Il y a une persistance inéluctable dans l’être intérieur, contre laquelle les circonstances sont finalement impuissantes ; aucune faiblesse de notre nature ne peut longtemps être un obstacle.

Extrait de La Synthèse des Yogas

En illustration : une photo de Laurent Zylberman

samedi 27 mars 2010

La foi


La foi ne dépend pas de l’expérience, c’est quelque chose qui est là avant l’expérience.

Quand on commence à pratiquer le yoga, ce n’est en général pas en se fondant sur l’expérience, mais sur la foi. Il en est ainsi non seulement dans le yoga et la vie spirituelle, mais aussi dans la vie ordinaire. Tous les hommes d’action, les découvreurs, les inventeurs, les créateurs de connaissance procèdent par la foi et jusqu’à ce que la preuve soit faite ou le but atteint, ils persévèrent malgré les déceptions, les échecs, les réfutations, les dénégations, parce que quelque chose en eux leur dit que c’est la vérité, la chose qui doit être poursuivie et accomplie. Râmakrishna allait même jusqu’à dire, quand on lui demandait si la foi aveugle n’était pas une erreur, que la foi aveugle était le seule foi, car la foi est aveugle ou elle n’est pas foi, mais autre chose : déduction raisonnée, conviction démontrée ou connaissance vérifiée.

La foi est, pour l’âme, le témoignage de quelque chose qui n’est pas encore manifesté, accompli ou réalisé, mais que cependant Celui en nous qui sait, même en l’absence de toute indication, ressent pour vrai ou suprêmement digne d’être recherché ou accompli.

Ce sentiment en nous peut persister même quand il n’y a pas de croyance fixe dans le mental, même quand le vital lutte, se révolte ou refuse. Qui, en pratiquant le yoga, n’a pas des périodes, de longues périodes de déception, d’échec, de doute, et d’obscurité ? Mais quelque chose le soutient et persiste en dépit de lui-même, parce que ce quelque chose sent que l’objet de sa recherche était pourtant vrai, et cela fait plus que sentir : cela sait.

La foi fondamentale dans le yoga est ceci, qui est inhérent à l’âme : le Divin existe et le Divin seul vaut d’être recherché ; comparé à cela rien dans la vie ne vaut la peine d’être possédé. Dès lors qu’un homme a cette foi, il est marqué pour la vie spirituelle et j’affirme que même si sa nature est pleine d’obstacles, remplie de dénégations et de difficultés, et même s’il doit lutter pendant ces années, il est appelé à réussir sa vie spirituellement.

Extrait de Lettres sur le Yoga, Tome 3

vendredi 1 janvier 2010

Année Nouvelle...



Tout ce qui dépasse son niveau semble dur à l'homme, et c'est dur, en effet, pour son seul effort et sans aide ; mais la même chose devient facile aussitôt, et simple, quand dieu en l'homme prend le travail en main.


Sri Aurobindo, Pensées et Aphorismes