lundi 14 décembre 2009

Les différents aspects de la Shakti : Maheshwarî (partie 3)


Impériale, Maheshwarî se tient dans la vaste étendue, au-dessus de l’esprit pensant et de la volonté ; elle les exalte et les magnifie jusqu’à la sagesse et la grandeur, ou elle les inonde d’une splendeur qui les dépasse.

Car elle est la Puissante et Sage qui nous ouvre aux infinités supramentales, à l’immensité cosmique, à la magnificence de la Lumière suprême, au trésor de connaissance miraculeuse et au mouvement illimité des forces éternelles de la Mère.

Elle est tranquille et merveilleuse, grande et calme à tout jamais. Rien ne peut l’émouvoir, car en elle est toute la sagesse ; et rien ne lui est caché qu’elle choisit de savoir ; elle comprend toutes choses et tous les êtres, leur nature et ce qui les meut, la loi du monde, ses époques et comment tout était, est et doit être.

En elle est une vigueur qui affronte et dompte toutes choses et rien ne peut prévaloir à la fin contre sa sagesse vaste et intangible et son pouvoir tranquille et supérieur.

Egale, patiente et inaltérable dans sa volonté, elle agit avec les hommes suivant leur nature, avec les choses et les évènements suivant leur Force et la vérité qui est en eux. De partialité elle n’en a aucune, mais elle suit les décrets du Suprême ; elle élève certains, et d’autres elle les abaisse ou les rejette loin d’elle dans l’obscurité.

Au sage elle donne une sagesse plus grande et plus lumineuse ; à celui qui a la vision, elle donne place à ses conseils ; à l’hostile elle impose les conséquences de son hostilité, et elle conduit l’ignorant et le sot selon leur aveuglement.

Dans chaque homme elle répond aux différents éléments de sa nature et les traite suivant leur besoin, leur impulsion et la réponse qu’ils appellent, place sur eux la pression voulue ou les laisse à leur liberté chérie pour prospérer dans les voies de l’Ignorance ou pour périr.

Car elle est au-dessus de tout, n’est liée par rien, attachée à rien dans l’univers. Pourtant elle a plus que toute autre le cœur de la Mère universelle, car sa compassion est sans fin et inépuisable. A ses yeux tous sont ses enfants et des parcelles de l’Unique, même l’asoura, le râkshasa, le pishâtcha et ceux qui sont révoltés et hostiles. Ses rejets sont simplement un ajournement, ses punitions une grâce. Mais sa compassion n’aveugle pas sa sagesse ni ne détourne son action de la ligne décrétée ; car la Vérité des choses est son seul intérêt, la connaissance est le centre de son pouvoir, et de construire notre âme et notre nature avec la Vérité divine est sa mission et son travail.

Extrait de La Mère